FINANCE

Vendredi 19 juin 2009

TRIBUNE LIBRE


 

Les banques engrangent des commissions, les investisseurs bénéficient de coupons élevés et les émetteurs parviennent à se refinancer pour des montants importants : le marché des obligations d'entreprise ("corporate", dans le jargon des financiers) connaît depuis le début de l'année une véritable euphorie. Mais le temps des gains faciles sur le marché de la dette est déjà peut-être révolu, estime Muriel Nahmias, directeur des études et publications chez Bfinance.

C'est la mode. Toutes les gestions en achètent et les particuliers seront bientôt directement sollicités avec le nouvel emprunt EDF à 4,5% d'un montant de 1 milliard d'euros. Depuis le quatrième trimestre 2008, l'activité tourne à plein sur le marché primaire des obligations d'entreprise et des montants records historiques sont levés chaque semaine. Près de 270 milliards d'euros de dette obligataire ont ainsi été émis depuis le début de l'année en Europe par les émetteurs non financiers, presque 200% de plus qu'en 2008 pour la même période.

C'est une belle affaire pour les banquiers, qui engrangent commissions d'origination et de syndication et gains divers d'intermédiation, comme en témoigne l'explosion des PNB des métiers taux dans les comptes du premier trimestre. C'est également une belle affaire pour les investisseurs qui bénéficient de coupons élevés, particulièrement intéressants pour ceux qui ne sont pas soumis aux valorisations au marché des normes IFRS et qui en profitent pour constituer des fonds de portefeuille détenus jusqu'à l'échéance. Ils s'offrent même quelques petits allers-retours de trading pendant la période primaire, du moins pour ceux qui ont eu la chance d'être servis.

De fait, depuis novembre et jusqu'à fin mars, le couple rendement/risque des obligations a été jugé attractif par rapport aux actions par les investisseurs institutionnels, en France et dans le monde (fonds de pension notamment), avec des coupons de 5%, 6%, voire 7% ou plus pour des risques "investment grade". Mais est-ce une belle affaire pour les entreprises ?

Si les banquiers, et les investisseurs dans une moindre mesure, gagnent beaucoup d'argent en ce moment avec les émissions obligataires, on serait tenté d'aller chercher le "dindon de la farce" du côté des émetteurs. De prime abord, les "corporates" payent cher, c'est-à-dire des marges de crédit (par rapport aux emprunts d'Etat ou aux taux de "swaps") élevées. En effet, la plupart des émissions se sont renchéries dans la foulée de leur lancement, le spread (l'écart de taux) se resserrant dans beaucoup de cas de plus de 100 points de base. De quoi se demander, pour un directeur financier, s'il ne se serait pas fait un peu "abuser". D'autant que, à en croire les banquiers originateurs qui le clament presque à chaque opération, les émissions sont sursouscrites, parfois plusieurs dizaines de fois !

Mais le côté positif - et essentiel - reste que les entreprises parviennent à se refinancer malgré tout pour des montants importants. A la faveur de la crise, un mouvement structurel de désintermédiation du financement des grands groupes internationaux s'amorce en Europe, à l'instar de ce qui s'est passé aux Etats-Unis, où la dette bancaire ne représente plus que 20% des financements. Dans un contexte de sortie de crise encore incertain, et surtout sur fond de forte hausse des taux de défaut sur les crédits, les niveaux élevés des marges payées par les émetteurs sont le prix de la liquidité, d'une conquête d'une base d'investisseurs élargie parce que mondiale et de l'indépendance par rapport aux banques, qui ont relevé significativement leurs exigences de rentabilité sur le crédit bancaire. En plein mouvement de "deleveraging" (réduction de l'effet de levier), les banques aussi favorisent largement ce mouvement de désintermédiation, plus profitable pour elles, et assurant des revenus moins risqués.

Bref, les obligations "corporate" paraissent une belle affaire pour tous. Mais gare à l'euphorie. Comme toute mode, elle n'aura qu'un temps. Les taux longs ont déjà entamé, notamment aux Etats-Unis, une forte remontée. Les "spreads" de crédit, eux, certes continuent de se détendre parallèlement au "rally" boursier et à un certain appétit retrouvé pour le risque. Les coupons sont déjà moins attrayants pour les émetteurs les mieux notés. A moyen terme, de nombreux facteurs de risque pèsent sur les taux longs en général et les spreads de crédit. Les flux acheteurs des investisseurs institutionnels connaissent d'ailleurs une stabilisation. Et les niveaux de sursouscription tant vantés par les banques ne signifient rien, les investisseurs demandant plus que ce qu'ils voudraient réellement par crainte d'être réduits lors de l'allocation.

Quasiment toutes les enquêtes clients, dont le Bfinance Pension Funds & Insurance Asset Allocation Survey, montrent que les fonds de pension n'augmentent plus leur exposition sur les produits de crédit. Que ce soit à horizon un an ou trois ans, les obligations sont même la classe d'actifs la plus délaissée, selon le sondage semestriel de Bfinance. L'émission d'EDF à destination des particuliers, par ailleurs peu attrayante par rapport à d'autres papiers émis récemment (Lafarge, Michelin, ArcelorMittal, Saint-Gobain, etc. pour ne parler que des français) ou même certains emprunts d'Etat ou garantis d'Etat, pourrait d'ailleurs être le signe annonciateur que la fête des gains faciles est presque finie sur la dette d'entreprise.

 

Par MARCO POLO
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Vendredi 19 juin 2009
TRIBUNE LIBRE
[ 19/06/09  ]

Par BERTRAND DEMOLE

Bertrand Demole est responsable « hedge funds » chez Alternative Investments Pictet & Cie

Les cultures sont parfois parsemées de pousses d'ivraie, leurs graines toxiques se confondant alors avec celles du blé. Si nous osons la comparaison, le domaine des « hedge funds » ressemble davantage à un champ d'ivraie juste parsemé de quelques « bons grains » de blé. Car, sur 10.000 de ces fonds environ à travers le monde, seuls 10 % sont en conformité avec les principes du secteur. Séparer le bon grain de l'ivraie dans ce domaine nécessite dès lors à la fois rigueur et compétences de haut vol.

Au minimum, un « hedge fund » devrait ainsi respecter trois principes : investir dans des produits liquides à des prix avantageux ; neutraliser les risques défavorables par des techniques de couverture (« hedging ») comme les ventes à découvert (« short selling ») ; aligner les intérêts des clients sur ceux du gérant, lequel doit à la fois être investisseur dans le fonds et propriétaire de la société d'investissement.

Malheureusement, le terme de « hedge fund » est souvent usurpé, les risques défavorables n'étant fréquemment pas neutralisés et se retrouvant parfois même amplifiés par des leviers. Le secteur est également truffé d'imposteurs, de fraudeurs, ou encore de simples voleurs. Certains fonds traditionnels (« long only ») sont même déguisés en « hedge funds », alors que d'autres « faux «hedge funds» » s'apparentent davantage à des activités bancaires et actuarielles, comme les prêts liés aux cartes de crédit, les leasings automobiles ou encore les contrats d'assurance-vie. Et certains se classent encore dans des catégories singulières, à l'instar de l'Asset Based Lending (ABL), qui se consacre à l'affacturage (« factoring »).

Pour l'ensemble du secteur, l'année 2008 demeurera l'une des plus mauvaises en termes de performances de gestion. Et ce sont l'augmentation des risques économiques et financiers, et la virulence sans précédent des risques systémiques, opérationnels ou encore réglementaires - comme celui visant l'interdiction des ventes à découvert - qui en constituent les causes principales. Aussi les gérants de « hedge funds » ont-ils dû jongler avec les risques de contrepartie, limiter le risque de financement ou d'appel de marge (« margin call »), ainsi qu'anticiper les risques de remboursement, ou encore de liquidité. En corollaire, le gérant type s'est vu consacrer davantage de temps à l'administration de son fonds, à la négociation de ses relations bancaires, ou encore à l'analyse des flux opérationnels, qu'à la gestion des actifs.

A ce cataclysme général est encore venu s'ajouter, en décembre, l'ouragan du scandale des 50 milliards de dollars engloutis dans le fonds à schéma de Ponzi de Bernard Madoff. La crise de confiance envers le domaine des « hedge funds » atteignait ainsi son paroxysme...

S'il fallait tirer une leçon du millésime désastreux de 2008, elle se résumerait au seul précepte auquel nous adhérons d'ailleurs depuis plusieurs années : acheter les « hedge funds » aux structures simples (que l'on comprend) et refuser ceux aux structures complexes (que l'on ne comprend pas).

Il n'en reste pas moins que cette série de catastrophes a ouvert aujourd'hui de nouvelles perspectives aux investisseurs dans ce domaine, certains des meilleurs gérants de « hedge funds », jadis inaccessibles, donnent à nouveau accès à leurs véhicules d'investissement aux nouveaux souscripteurs. Et ce, à des termes largement plus favorables, après avoir eux aussi accusé des retraits massifs, dans la foulée du vent de panique qui a soufflé sur le secteur.

Par ailleurs, la détente sur de nombreux marchés offre à ces gérants qualifiés de nombreuses opportunités, notamment au niveau des primes de risque et des « spreads » d'arbitrage, tant sur les marchés des changes que sur les marchés obligataires, des matières premières, des actions ou même du crédit. Ils devraient ainsi continuer de surperformer de nombreux marchés financiers, tout en offrant une protection du capital sur un cycle de marché.

Une sélection minutieuse des meilleurs « hedge funds » mondiaux devrait donc susciter aujourd'hui toutes les convoitises des investisseurs. Du point de vue des stratégies de placement les plus prometteuses, une sélection rigoureuse de fonds, par exemple dans les domaines « macro » et « long-short », offre aujourd'hui d'excellentes perspectives. Rappelons enfin que, sur la durée, la faible corrélation des « hedge funds » avec les actifs traditionnels en fait des outils de diversification indispensables.

Par MARCO POLO
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Jeudi 18 juin 2009

Si vous disposez d'un bon dossier financier, vous pouvez actuellement emprunter en moyenne à 3,65% en taux fixe et à 3,15% en taux révisable.    

Les taux d'intérêt fixes ou variables sont en nette baisse. Le taux fixe à 25 ans est redescendu au-dessous du seuil psychologique de 5% pour retrouver le niveau auquel il se situait en mai 2007. Au cours des dix dernières années, les taux d'intérêt n'ont été plus bas qu'aujourd'hui qu'au cours de trois années : en 2004 (4%), 2005 (3,40%) et 2006 (3,55%).

Cette diminution des taux d'intérêt est très visible sur le long terme :


Année Taux 15 ans (moyenne annuelle), prêt à taux fixe
1991 9,00%
1995 7,50%
2000 5,65%
2002 4,95%
2004 4,00%
2006 3,55%
2008 4,71%
2009 4,10%

Source : meilleurtaux.com

Les taux variables sont désormais nettement inférieurs aux taux fixes, en moyenne de 0,5 point pour les prêts capés à 1% et jusqu'à 1 point pour les prêts non capés.

Aujourd'hui, il est intéressant d'emprunter pour acheter un bien immobilier, que ce soit pour se loger ou pour investir.    


En plus des taux attractifs, un avantage fiscal pour investir en locatif :
Avec la réduction d'impôt Scellier destinée à favoriser l'achat d'un logement locatif dans le neuf, le taux marginal d'imposition n'entre pas en compte. Dans l'Hexagone, le gain fiscal obtenu est uniformément de 25% du prix d'achat. De plus, si la réduction d'impôt excède le montant de l'impôt dû la rédaction d'impôt peut être reportée sur les cinq années suivantes.

Pourquoi cette baisse des taux d'intérêt ? Tout simplement parce que les coûts des refinancements des banques ont baissé.

Les taux courts ont baissé. L'Euribor est passé de 5,5% en octobre 2008 à 1,27% le 5 juin dernier. Les taux longs se stabilisent à la baisse : l'OAT dix ans est passée de 4,86% en juillet 2008 à 3,40% fin 2008, puis à 4% fin mai 2009.

Mais il faut profiter rapidement de cette baisse des taux, car ce mouvement devrait se stabiliser au second semestre 2009. On estime même qu'un léger redémarrage à la hausse pourrait avoir lieu vers la fin de l'année 2009.

Du taux fixe à partir de 3,65% et du révisable à 3,15%

La période actuelle est particulièrement favorable à une souscription de prêts immobiliers. Entre mars et juin 2009, les prêts immobiliers ont baissé de 0,30 point à 0,45 point. Alors qu'un taux fixe 10 ans était proposé à un excellent emprunteur à 4% en mars 2009, il est offert trois mois plus tard à 3,65%.

Les particuliers ne s'y sont pas trompés : par exemple, chez meilleurtaux.com, les demandes d'information sur les prêts immobiliers ont doublé entre décembre 2008 et juin 2009.

Le tableau ci-dessous indique le montant de la mensualité à rembourser pour un prêt à taux fixe sur des durées variant de 15 à 40 ans. En pratique, le taux global sera légèrement plus élevé puisqu'il faut, selon les cas, ajouter le poids des garanties et des assurances invalidité décès et parfois aussi des assurances chômage.

Montants des mensualités selon la durée de remboursement du prêt :


Durées d'emprunt 15 ans 20 ans 25 ans 30 ans 35 ans 40 ans
Taux pratiqués hors assurances et garanties (en %) 3,90 4,15 4,20 4,65 5,00 5,00
Mensualité pour 150.000 euros empruntés à taux fixe (en euros) 1.126 946 835 802 787 755

Source : meilleurtaux.com, pour un prêt d'un montant de 150.000 euros

Le tableau ci-dessous indique pour une mensualité de 1.000 euros, la somme que l'on peut emprunter avec un prêt à taux fixe sur des durées variant de 15 à 40 ans. En pratique, le montant du prêt pourra être légèrement moins élevé puisqu'il faudra, selon les cas, ajouter le coût des garanties et des assurances invalidité décès et parfois aussi des assurances chômage.

Montants des prêts immobiliers obtenus pour un remboursement mensuel de 1.000 euros :


Durées d'emprunt 15 ans 20 ans 25 ans 30 ans 35 ans 40 ans
Taux pratiqués hors assurances et garanties 3,90% 4,15% 4,20% 4,65% 5,00% 5,00%
Montants des prêts (en euros) 133.198 158.470 179.543 186.919 190.375 198.578

Source : meilleurtaux.com

Plus la durée du prêt s'allonge, plus le crédit coûte cher. Sur 15 ans un crédit à taux fixe hors frais et hors assurance peut être obtenu à 3,90%, le taux passe à 5% pour un prêt à 35 ans. En revanche, plus la durée du prêt s'allonge, plus elle permet d'emprunter. Un emprunteur désirant avoir une charge de remboursement de 1.000 euros par mois pourra emprunter 133.198 euros sur 15 ans, contre 190.375 euros sur 35 ans et même 198.578 euros sur 40 ans.

Source : BERNARD LE COURT, Les Echos
Par MARCO POLO
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Jeudi 4 juin 2009

En comparaison des autres classes d'actifs, les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) continuent de se classer avantageusement en terme de rendement mais aussi de risque comme l'indique l'étude de l'IEIF.  On notera cependant que certaines SCPI de Bureaux ont marqué une baisse de l'ordre de 6% en 2008, qui n'est probablement pas arrivée à son terme compte tenu de l'ajustement des prix de l'immobilier d'entreprise. Ce comparatif permet cependant de comparer sur le long terme les performances des différentes classes d'actifs

 

Selon le bilan publié par l'IEIF*, les SCPI viennent de réaliser une bonne année 2008 en comparaison des autres placements, en dépit des secousses économiques et financières.

Sur un an, la performance des SCPI reste modeste avec un + 0,67 %. Cela reste honorable en comparaison des pertes enregistrées sur les marchés financiers (-42,68%) et des tensions sur l'immobilier.

 

Certes sur un an, les SCPI arrivent en effet au 5e rang derrière l'or, en tête, les Sicav monétaires et obligataires, et le livret A. Les actions françaises comme les foncières cotées ont subi, quant à elles, des chutes de l'ordre de 36 à 40 %.

Sur un durée de 5 ans (2003-2008) plus proche d'un réel investissement de long terme, les SCPI sont encore mieux classées, en 3e position (à 9,68 %) après l'or (13,59 %) et les foncières cotées (11,45 %).

Et sur 10 ans, elles arrivent en 1re position, surpassant l'ensemble des classes d'actifs comparées par l'IEIF (foncières cotées à 10,75 % et or à 0,50 %).

 

Au-delà des performances pures enregistrées par les SCPI, il est à noter une plus grande régularité dans la distribution de ces performances en comparaison des autres classes d'actifs.

 

La baisse du taux d'intérêt du livret A (à 1,75 % au 1er mai 2009) comme des rendements offerts par les placements moné­taires laissent présager une comparaison tout aussi avanta­geuse pour l'année 2009 (rendement prévisionnel 2009 SCPI UFG compris entre 5,3 et 5,9 %).

 

* IEIF : institut de l'épargne immobilière et foncière

Par MARCO POLO
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Dimanche 31 mai 2009
Voici le classement des meilleurs surperformances des Sociétés de Gestion françaises en 2009
Etablit par EuroPerformance / EDHEC sur la base des performances 2008, en pleine tourmente financière, il est donc hautement révélateur de la qualité de gestion de ces sociétés.




Mai 2009 - Alpha League Table
Les résultats de l’année : www.stylerating.com 2
Source : Alpha League Table EuroPerformance / EDHEC France 2009
Par MARCO POLO
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Mardi 19 mai 2009

Obligations d'entreprises européennes : une occasion à ne pas manquer

Par Alexandre Ris, "senior product manager" chez Pictet Funds SA.

Les obligations d'entreprises européennes offrent une opportunité de placement sans précédent. Les créanciers sont en effet prioritaires sur les actionnaires et - à moins d'un défaut de paiement total ou partiel - les obligations doivent être remboursées au pair. La crise du crédit a ainsi créé une situation qui devrait susciter toutes les convoitises.

Une des classes d'actifs à privilégier ces prochains mois est celle des obligations d'entreprises européennes. Elles offrent en effet une opportunité rarissime en termes de potentiel de gains sur la valeur du principal, accompagné d'une rémunération annuelle élevée. De nombreuses obligations d'entreprises européennes de première qualité ou investment grade se traitent effectivement à des niveaux bien inférieurs à leur valeur contractuelle de remboursement (pair), avec des décotes parfois de l'ordre de 50% et un rendement annuel se situant au-dessus de 7%. Pour leur part, les obligations d'entreprises européennes à haut rendement (high yield) offrent des décotes encore supérieures et un rendement à l'échéance de plus de 20%. Le choix de l'un ou l'autre type d'obligations d'entreprises dépendra naturellement du niveau de risque que l'investisseur souhaite implémenter dans son portefeuille.

Par ailleurs, lorsqu'une stabilisation de l'économie globale sera anticipée, elle s'accompagnera d'une revalorisation progressive des obligations d'entreprises européennes, dont les écarts de rendement ("spreads") se situent à des records historiques, comme en témoigne le graphique ci-contre. Le mouvement devrait en outre avoir lieu avant celui du marché actions, en raison de la séniorité dont bénéficient les créanciers sur les actionnaires sur les flux de trésorerie ("cash flow").

Un actif rémunérateur
Avec des taux d'intérêt gouvernementaux actuellement extrêmement bas, les liquidités des investisseurs ne sont que très faiblement rémunérées. La classe d'actifs précitée paraît ainsi particulièrement attrayante pour les investisseurs qui souhaitent graduellement augmenter leur exposition à des actifs plus rémunérateurs, sans toutefois devoir s'exposer aux risques plus importants des marchés actions. Le moment semble donc opportun pour commencer à s'y intéresser, dans la mesure où les rendements proposés compensent en partie les risques de baisse de valeur des titres. Qui plus est, une majorité d'obligations d'entreprises européennes se traitent aujourd'hui à des niveaux plus proches de leur valeur de recouvrement que de leur valeur de remboursement contractuelle. Elles offrent ainsi une asymétrie au niveau du risque à l'avantage de l'investisseur. Par exemple, une obligation traitant à un prix de 50% pourrait avoir une "valeur à la casse" de 30% en cas de faillite, mais si tout se passe normalement, elle sera remboursée à 100% et les coupons seront également versés.

Par ailleurs, les cours moyens actuels des obligations d'entreprises européennes semblent refléter les taux moyens de défaut de paiement auxquels il est légitime de s'attendre. Dès lors, la classe d'actifs paraît valorisée de manière raisonnable.

A l'avantage de l'investisseur également figure le fait que de nombreuses entreprises européennes dans lesquelles il peut investir sont dotées d'un bilan très sain, comparativement à la situation qui prévalait lors de la dernière récession du début des années 2000. Les perspectives offertes par les obligations d'entreprises européennes apparaissent donc plus favorables aujourd'hui qu'à cette époque.

Les secteurs à privilégier
Les emprunts les plus intéressants se situent aujourd'hui dans les secteurs les moins exposés au cycle économique, mais dont les cours se sont effondrés de façon solidaire. Les télécommunications et les services publics offrent ainsi de belles opportunités. De façon plus sélective, certaines valeurs dans le domaine des banques et des assurances méritent qu'on s'y intéresse également. Dans d'autres secteurs, les obligations d'entreprises aux flux de trésorerie positifs et aux besoins en refinancement éloignés dans le temps peuvent aussi s'avérer particulièrement attrayantes.

En termes de qualité de crédit, les emprunts d'entreprises européennes notés BB à BBB offrent les couples de rendement /risque les plus élevés, ainsi que les évaluations les plus judicieuses. En outre, les obligations dont les échéances se situent entre cinq et dix ans semblent offrir un large potentiel et bénéficient de l'asymétrie la plus intéressante.

Une approche pragmatique
Si le profil de rendement/risque offert aujourd'hui par les obligations d'entreprises européennes est particulièrement intéressant, seule une approche pragmatique face à la classe d'actifs permettra à l'investisseur d'en profiter entièrement.

En premier lieu, une approche diversifiée du domaine s'impose, car les taux de défaut devraient s'accentuer au cours de ces prochains mois. Les marchés de financement demeurent en effet extrêmement tendus et l'économie est entrée en récession dans la plupart des pays développés. De nombreuses entreprises européennes vont ainsi devoir refinancer des emprunts qui arrivent à échéance dans un contexte difficile: les lignes de crédit consenties auparavant par les banques sont moins accessibles, les marchés obligataires primaires des nouvelles émissions sont exigeants et demandent des primes de risque très élevées, alors que les marchés à haut rendement demeurent très atones.

Il n'en reste pas moins qu'outre une approche diversifiée des sources de performance, l'investisseur devrait envisager une augmentation graduelle de son exposition, en raison de la volatilité, qui devrait demeurer importante au regard des incertitudes économiques persistantes. La construction d'une position diversifiée complète devrait s'étaler sur les prochains mois, et l'horizon de placement ne devrait pas être inférieur à dix-huit à vingt-quatre mois.

Alexandre Ris

Source : La Tribune

Par MARCO POLO
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Samedi 28 mars 2009
A fin 2007, le patrimoine moyen des ménage français se montait à 380.000 euros indique une étude l'Insee citée par Le Figaro.

Selon Le Figaro, citant une étude de l'Insee publiée le 16 mars, chaque ménage français détenait, en moyenne, 380.000 euros à la fin 2007, la pierre représentant les 2/3 de l'avoir des particuliers. Pour le reste, l'assurance vie se taille la part du lion puisqu'elle représente le tiers du patrimoine financier des ménages.

En ce qui concerne les valeurs mobilières, "12 millions de Français ont des actions et des obligations, détenues en direct ou via des fonds, contre un million en 1978", poursuit le quotidien en se référant au travail de l'Insee.

Source : Le Figaro

Par MARCO POLO
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Dimanche 15 mars 2009

Pour le responsable de la gestion d'actifs de Lazard Frères, l'heure est au recentrage sur les actifs risqués, car une correction du marché obligataire devient probable.
- Newsmanagers : Quel est le montant des actifs que vous gérez et quelle est leur répartition ?

Matthieu Grouès : Au 31 décembre 2008, Lazard gérait 91 milliards de dollars dans le monde pour compte de tiers exclusivement dont 11, soit 8-9 milliards d’euros, en France par Lazard Frères Gestion. 
Notre clientèle française se répartit à 49 % dans la gestion institutionnelle et 51 % dans la gestion privée. 
 

- Quelles ont été les décisions marquantes  de votre gestion durant la crise financière ?


MG : Nous avons commencé 2008 en étant sous-pondérés sur le marché actions et nous le sommes restés jusqu’au mois d’août. 

Nous nous sommes progressivement surexposés avec la baisse des marchés financiers, position que nous maintenons. 

A l'inverse, nous étions surexposés sur le marché obligataire dans le courant 2008, surtout le souverain de la zone euro, et nous avons progressivement allégé nos positions jusqu’à nous sous-exposer avec la violente baisse des taux sur les emprunts d’Etat de la fin de l’année 2008. 

- Pensez-vous que les Etats vont être contraints de se livrer à une guerre des taux pour attirer des investisseurs que le creusement des déficits inquiète  ?


MG : Notre scénario central est celui d’une première partie d’année très difficile pour l’économie, suivie d’une amélioration au milieu de l'année 2009. 

De là, je pense que les taux longs, actuellement à des niveaux historiquement très bas, vont se tendre, et que le 10 ans US pourrait passer de 3 à 3,5, voire 4 %.

Toutefois, je pense que cette tension n'est pas vraiment inquiétante car les taux partent de très bas et que les émissions des Etats bien notés n'auront pas de mal à se placer. 

- Peut-il y a avoir un krach sur le marché ?


 MG : Non, je ne pense pas, mais une correction est probable...

- Quelles sont vos préconisations en matière d'allocation d'actifs pour 2009 ?


Matthieu Grouès : je pense que toutes les classes d'actifs à risque, comme les actions ou les obligations corporate, sont à des niveaux attractifs et qu'elles délivreront des performances très favorables en 2009. 

Les actions offrent un bon potentiel et je pense que le CAC, par exemple, pourrait terminer l'année autour de 4.000 à 4.100, soit une hausse de 30 %. 

Le problème c'est que d'ici à la fin de l'année, le marché va rester très volatil, avec une forte probabilité de nouveaux trous d’air. 

A contrario, je pense que le monétaire et les emprunts d'Etat, pour les raisons évoquées plus haut, sont des classes d'actifs à éviter. En effet, des taux monétaires très bas et la remontée des taux sur l’obligataire souverain pèseront sur la performance. 

- Quel bilan tirez-vous du comportement de la gestion alternative en 2008 ?


MG : Je pense que la gestion alternative a plutôt bien tiré son épingle du jeu, à condition de choisir les bons fonds. Les fonds de multigestion alternative bien gérés ont, en moyenne, perdu de 9 % à 11 %, alors que les marchés actions baissaient de 45 %. 

Ce n'est pas si mal, d'autant que l'année a notamment été marquée par l'interdiction de shorter et, surtout, par la faillite de Lehman Brothers, qui était le deuxième prime broker mondial. Cette faillite a été une tragédie financière.  

- Etiez-vous exposés à la galaxie Madoff ?


MG : Non. Nos analyses de son fonds nous avaient invités à nous en détourner. 

- La demande de vos clients a-t-elle évoluée ?


MG : Je pense que la mode va être aux produits plus simples et moins opaques. 

Les investisseurs veulent des produits qu'ils peuvent décortiquer et dont ils comprennent les rouages. Mais les marchés obéissent à des cycles et dans quelques années, on repartira vers des placements plus sophistiqués.

A l'heure actuelle, j'estime que mon rôle de gérant est d'inciter mes clients à se positionner sur des actifs risqués, car les valorisations sont basses. Le problème, c'est qu'il faut qu'ils aient la capacité de supporter la volatilité à court terme.    

Source : Newsmanager

Par MARCO POLO
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Dimanche 15 mars 2009

Le spécialiste de la banque helvétique recommande une allocation or d'environ 6 %

Dans un climat d'aversion toujours très forte au risque et où le ration rentabilité/risque s'est fortement dégradé, Christophe Donay, chef stratégiste chez Pictet & Cie, préconise dans un portefeuille diversifié de sous-pondérer nettement les actions (20-25 %) et de surpondérer le cash (30 %) ainsi que les obligations, en allongeant la duration au profit des emprunts d'Etat à 7-10 ans. 

Pour compléter le portefeuille, le spécialiste de la banque helvétique recommande une allocation de "6 % plus" à l'or, qui peut profiter tant d'une déflation de la dette que d'une résurgence de l'inflation.

Christophe Donay, qui ne néglige pas non plus, dans cette poche, quelques placements en platine (comme pour l'or, sous forme physique), boucle son portefeuille profilé pour un marché baissier, difficile, par une sélection rigoureuse et surtout diversifiée d'obligations d'entreprise "investment grade". 

Aux actions, Pictet privilégie les secteurs défensifs (utilities, biens de consommation courante, pharmacie, télécommunications) avec un biais en faveur des Etats-Unis et de la Chine et sans ignorer les énergies alternatives, les infrastructures ou les hedge funds. 

Dans le cadre d'une allocation d'actifs tactique, Christophe Donay demeure "le doigt sur la détente" pour "jouer un bear market rally" toujours possible. Et dont il pourra profiter en puisant sur sa grosse poche de cash.

Par MARCO POLO
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Dimanche 15 mars 2009

La progression atteint 147 %, essentiellement en raison de la hausse de l'immobilier, souligne Le Figaro.
Le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires, rendu public le 3 mars, relate l'évolution du patrimoine des ménages entre 1997 et 2007, note Le Figaro.

La valeur de ce patrimoine a progressé de 147 % en dix ans, tandis que les revenus du patrimoine n'ont augmenté que de 31 % à durée comparable.  

Principale explication à ce bond patrimonial : l'évolution du prix de la pierre (+148 %), explique Le Figaro.

L'immobilier principal représente 40 % du patrimoine net des ménages, l'immobilier secondaire 10 %, les dépôts et obligations 12 % à égalité avec l'assurance vie. 

Un cran plus bas, les actions et l'épargne salariale se situent à 11 %.
Par MARCO POLO
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