ECONOMIE

Jeudi 26 février 2009

L'historien et économiste, Jacques Marseille livre ici une somme impressionnante, couvrant plus de deux siècles, qui montre à quel point notre vision subjective de la richesse s'écarte de la réalité. 

Les Français sont riches, ils se croient pauvres ; leur niveau de vie monte, ils sont persuadés qu'il baisse ; ils vivent dans une société de moins en moins inégalitaire, ils pensent qu'elle l'est de plus en plus... Infatigable redresseur d'idées reçues, l'historien et économiste Jacques Marseille livre ici une somme impressionnante, couvrant plus de deux siècles, qui montre à quel point notre vision subjective de la richesse s'écarte de la réalité. La démonstration s'appuie sur de solides données chiffrées, agréablement complétées par des récits de destins individuels et des plongées dans les livres de comptes de nos grands-parents. Depuis l'année où Guizot lançait son " Enrichissez-vous " (1843), le revenu des Français, par tête et en euros constants, a été multiplié par 15, soit une hausse annuelle moyenne de 1,6 % - et cette progression s'est poursuivie dans les années récentes. Le mouvement n'a pas été uniforme : forte croissance sous le Second Empire jusqu'en 1865, stagnation jusqu'au début des années 1890, nouvelle hausse vigoureuse jusqu'en 1925 (malgré la guerre)... Les Trente Glorieuses n'ont été, vues dans la longue durée, que le rattrapage de la dépression des années 1930. La tendance a presque constamment été ascendante, mais les Français, avec la même constance, ont eu le sentiment que " c'était mieux avant " : à l'époque où Zola publiait " L'Assommoir ", les monographies de Frédéric Le Play montraient des employés de chemin de fer travaillant dur (de neuf à douze heures par jour), mais vivant très décemment et s'habillent presque comme des bourgeois... Les patrimoines aussi ont sensiblement augmenté, quoique de façon plus irrégulière. Leurs " trente glorieuses " ont été les années 1975-2008, en raison de la hausse de la Bourse et de l'immobilier.

Deux idées maîtresses

Aujourd'hui - ou du moins jusqu'à la veille de la crise -, les Français sont parmi les plus riches du monde, avec un patrimoine moyen par tête de 144.000 euros, inférieur à celui des Japonais, mais supérieur à celui des Anglais, des Américains et des Allemands. Un signe supplémentaire est le recul de la pauvreté : la proportion de ménages percevant moins de 60 % du revenu médian est passée, en France, de 12 % en 1970 à 6,3 % en 2006, alors qu'elle est de 12 % en Suède, de 13 % en Allemagne, de 19 % au Royaume-Uni.

Cette perspective historique est animée par deux idées maîtresses. La première est que, dans les périodes de forte croissance, les inégalités se creusent, mais en même temps l'ensemble des revenus progresse plus vite, tandis que le chômage et la pauvreté reculent : or nous préférons, implicitement, une " médiocrité égalitaire " à un enrichissement général au cours duquel le peloton de la richesse s'étire. La deuxième idée est que l'inflation est à la fois un adjuvant nécessaire de la croissance, un stimulant social et un moyen de résoudre les problèmes d'endettement : l'aventure monétaire de John Law, dit l'auteur, a sauvé la monarchie, comme celle des assignats a sauvé la Révolution - et quelques pages mordantes sont consacrées à l'austérité monétaire de la BCE.

En fin d'ouvrage, Jacques Marseille propose une refonte " sociale-libérale " de notre système fiscal et redistributif, fondée sur un impôt sur le revenu à taux uniforme (" flat tax ") et une allocation universelle remplaçant l'ensemble des prestations sociales. A vrai dire, cette vision, qui s'avoue utopique, repose sur des bases moins solides que le reste du livre. On peut aussi douter que l'inflation, dont l'auteur souhaite le retour, soit compatible avec la mondialisation financière, qui ne tarde pas à punir les pays laxistes par un durcissement des conditions de crédit.

Source : Les Echos

Par MARCO POLO
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Mardi 25 novembre 2008
Le quatrième trimestre s'annonce catastrophique pour l'économie mondiale mais Aurel BCG voit des sources d'espoir pour 2009.

La stabilisation du système bancaire, les plans de relance annoncés par différents gouvernements, la désinflation et les baisses de taux devraient permettre une reprise de l'activité qui pourrait se confirmer avec force en 2010 et 2011, selon le scénario présenté lundi par les économistes Christian Parisot et Jean-Louis Mourier.


"On risque de connaître l'un des plus mauvais quatrièmes trimestres de l'histoire récente. Est-ce qu'on rentre pour autant dans une dépression du type années 1930 ou Japon des années 1990 ?", s'est interrogé Jean-Louis Mourier.

La faillite de la banque d'investissement américaine Lehman Brothers, le 15 septembre, a constitué un véritable choc financier et économique auquel les entreprises ont réagi en réduisant violemment leurs stocks, en coupant ou en reportant leurs projets d'investissement ou en réduisant leurs effectifs.

Les économistes ont embrayé en révisant en forte baisse leurs prévisions de croissance, à l'instar du Fonds monétaire international ou de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

"Mais ces prévisions ont été faites à politique inchangée et n'intègrent pas les mesures de relance que ces institutions conseillaient et qui sont en train d'être prises par les gouvernements", plaide Jean-Louis Mourier.

Au vu du plan de relance annoncé en Chine et de ceux en préparation aux Etats-Unis et en Europe, il s'attend à ce que les prévisions des grandes institutions soient revues à la hausse dès le début 2009.

VIOLENT REBOND EN 2010 ET 2011

"L'environnement est incertain, tous les économistes prévoient une récession, la question qu'on peut se poser c'est est-ce que ce n'est pas trop violent pour être réel," ajoute l'économiste d'Aurel BCG.

Aux Etats-Unis, relève Aurel BCG, la chute des prix de l'essence a permis une hausse du pouvoir d'achat qui tombe à point nommé avant les fêtes de fin d'année. Les craintes de nouvelles faillites bancaires ne se sont pas matérialisées et, de manière générale, "le mouvement de déstockage trop brutal milite pour un rebond technique de l'activité au premier trimestre 2009 qui pourrait surprendre les marchés".

Les économistes se félicitent aussi que le plan de relance en gestation aux Etats-Unis comprendra des mesures à effet immédiat, comme des baisses d'impôt pour les ménages.

Parallèlement, la désinflation permettra une "rapide et ample détente des taux directeurs", ajoutent-ils.

Du côté des pays émergents, le plan de relance annoncé en Chine permettra d'éviter un violent recul de ce pays tandis que les interventions rapides du FMI et de l'Union européenne limiteront l'impact de la crise sur les pays de l'Est. Le Brésil, enfin, devrait rester solide et soutenir l'activité en Amérique latine.

Ce contexte plus favorable profitera aux entreprises européennes, qui bénéficieront en outre d'un effet dollar toujours positif.

Aurel BCG table ainsi sur une croissance de 0,6% aux Etats-Unis et dans la zone euro l'an prochain, et pense que la Chine pourra maintenir un taux de 9,8%.

Pour autant le redémarrage sera lent.

"La croissance mondiale connaîtra un point bas en 2009, mais les actions concertées des gouvernements et des banques centrales induiront un violent rebond de l'activité économique mondiale en 2010 et 2011", estiment les deux économistes qui prévoient une croissance mondiale de 2,5% en 2009, après 3,0% en 2008, puis de 3,9% en 2010 et de près de 5% en 2011.

Source : REUTERS

Par MARCO POLO
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