PAYS EMERGENTS

Lundi 22 juin 2009
Dans le rallye boursier mondial de ce printemps, les fonds Marchés Emergents sont montés en flèche, devançant la plupart des autres fonds actions. Certes, les catégories Morningstar Actions Internationales Grandes Capitalisations et les catégories Actions Europe Grandes Capitalisations ont gagné environ 30% depuis les débuts du rallye le 10 mars jusqu’au 12 juin. Certains fonds thématiques, par exemple les fonds Matières Premières, ont aussi enregistré des résultats impressionnants. Mais les fonds Marchés Emergents et Asie Pacifique Hors Japon ont gagné encore plus pendant cette période, 46% et 43% respectivement, les fonds Amérique Latine progressant de 50%. Pendant ce temps là, les offres dédiées à la Russie et à l’Inde étaient en hausse de plus de 75% sur la période.

 

Les gains stupéfiants des fonds Marchés Emergents sont en partie dus aux investisseurs retrouvant le goût du risque et au fait que ces fonds ont perdu beaucoup de terrain depuis la fin 2007 jusqu’à l’écroulement des marchés en 2008, leur donnant ainsi une grande marge de progression. (D’autres types de fonds au risque élevé qui avaient soufferts de grosses pertes avec la débâcle financière sont aussi remontés avec vigueur au printemps). Toutefois cette récente surperformance tient aussi à l’enthousiasme des investisseurs pour les conditions macroéconomiques prometteuses des pays en développement. On peut en effet s’attendre à voir la plupart de leurs avantages économiques par rapport aux pays développés – tels que des taux de croissance du PIB plus élevés et des démographies dynamiques – persister pendant les années à venir. Tout cela est encourageant, et une exposition modérée aux marchés émergents est tout à fait sensé pour la plupart des portefeuilles de long terme. Néanmoins les investisseurs devraient approcher cette classe d’actifs avec précaution.

Déjà assez d’exposition aux marchés émergents ?

Avant toute chose, les investisseurs doivent vérifier leur exposition aux marchés émergents à travers les fonds qu’ils ont déjà en portefeuille. En effet beaucoup de fonds investis sur les actions internationales ont déjà une exposition aux marchés émergents. Par exemple, la catégorie Actions Internationales Grandes Capitalisations Croissance possède en moyenne 6% d’exposition aux émergents et ce niveau est déjà grimpé au-delà de 10% ces dernières années. Carmignac Investissement , Fortis L OBAM Equity World et ING (L) Invest Global Growth ont actuellement entre 15 et 20% de leurs actifs investis sur les marchés émergents tout comme AXA WF Talents sur les petites et moyennes capitalisations internationales.

Certains fonds investis en Europe prennent aussi des positions sur les marchés émergents comme par exemple Métropole Best of EuropeFidelity European Special Situations ou encore Carmignac Portefeuille Grande Europe ont entre 7 et 14% de leurs actifs investis dans les pays émergents d’Europe, incluant parfois la Russie ou la Turquie. De nombreux investisseurs ont donc déjà une partie de leur portefeuille exposée aux marchés émergents sans pour autant détenir un fonds qui y soit entièrement dédié.

Risques et performances élevés

Les investisseurs souhaitant plus d’exposition aux marchés émergents devraient s’assurer qu’ils ont bien pris en compte la nature chaotique de ces derniers. Ce que nous observons au cours de ce printemps n’est pas une première, les fonds dédiés aux marchés émergents ont par le passé connu des ascensions fulgurantes lorsque les conditions leur étaient favorables. Ils ont déjà affiché des gains énormes, dépassant tous les autres types de fonds entre le début de l’année 2003 jusqu’à fin 2007, alors qu’une économie mondiale robuste tirait la demande pour les produits et matériaux des pays émergents et que les conditions locales étaient favorables dans la plupart de ces pays.

Néanmoins, à cause de la dépendance de beaucoup de ces économies au prix des matières premières, de la concentration sectorielle de la plupart des marchés émergents, et d’autres facteurs, ces fonds sont extrêmement risqués et enclins à des chutes brutales lorsque l’environnement économique n’est plus favorable. Par exemple les fonds Asie-Pacifique hors Japon, Amérique Latine, Europe Emergente et Marchés Emergents (ces derniers investissant dans les zones émergentes à l’échelle globale) ont été parmi les fonds d’actions internationales les plus volatiles sur les dix dernières années. Sur la période de fin 2007 jusqu’au début 2009, alors que la demande pour les produits et matières premières des pays en développement s’affaiblissait, les fonds de ces quatre catégories ont plus souffert que les fonds investis en actions internationales, perdant jusqu’à 55% de leur valeur, 70% même dans le cas de la catégorie Europe Emergente.

Cette période difficile n’est pas un incident isolé. Les quatres catégories évoquées ci-dessus ont affiché à plusieurs reprises des pertes annualisées de 20% ou plus en glissement annuel lors de la dernière décennie – en plus de celles subies entre fin 2007 et début 2009.

On compte cependant plus de périodes à la hausse qu’à la baisse pour ces fonds. Sur les dix dernières années, les fonds Europe Grandes Capitalisations affichent une performance de -1,50% à -2,30% en moyenne par an et les fonds Europe Petites Capitalisations 1,30%, alors que les fonds Marchés Emergents, Amérique Latine, Europe Emergente ont produit entre 4% et 10% de performance annualisée. Ces résultats sur dix ans sont d’ailleurs plus représentatifs du potentiel de long terme de ces fonds que les énormes gains engrangés récemment.

Choisir prudemment

Le premier élan de beaucoup de passionnés des marchés émergents est de sélectionner des fonds dédiés aux places boursières les plus en vogues ou bien des fonds qui laissent la compétition loin derrière lors des rallyes boursiers. Mais comme nous l’avons déjà mis en évidence par le passé chez Morningstar, les fonds uniquement investis sur un pays émergent ou d’autres offres agressivement positionnées sur ces marchés sont problématiques.

Les fonds investis sur un seul pays émergent ne peuvent échapper aux problèmes de leur marché local et ont tendance à être concentré sur un nombre réduit de secteurs, ils sont donc susceptibles de connaître des pertes effroyables lorsque les conditions économiques se retournent contre eux. Les fonds Russie ont perdu près de 65% de leur valeur entre la fin de l’année 2007 jusqu’au pic de la crise au début 2009, payant cher les choix erratiques du gouvernement et la forte exposition structurelle du marché russe au secteur des matières premières qui sont venus s’ajouter aux difficultés typiquement rencontrés par les pays en développement. Quelque fonds régionaux, tels que ceux dédiés à l’Amérique latine ont des faiblesses similaires. (Les fonds Asie-Pacifique hors Japon font exception à cause du nombre, de la taille et de la diversité des marchés de la région). Quant aux fonds investissant de manière plus globale sur les marchés émergents mais qui suivent des stratégies très agressives, ils ont tendance à dévisser complètement en période difficile. Leur style de gestion, par exemple sur des très petites capitalisations ou sur des pays fortement instables, exacerbe les risques déjà élevés que l’on prend à investir dans les pays en développement.

Enfin, la surperformance de ces fonds extrêmement aventureux ne compense pas toujours les pertes supplémentaires qu’ils endurent en marché baissier. Et même quand ils y arrivent, la volatilité exceptionnelle de ces fonds rend leur utilisation difficile pour la plupart des investisseurs. C’est pour ces raisons que pour la grande majorité des investisseurs le meilleur moyen de s’exposer aux marchés émergents est de choisir des fonds investi sur plusieurs marchés, par exemple les fonds de la catégorie Marchés Emergents et Asie-Pacifique hors Japon, et de choisir ceux qui suivent une stratégie conservatrice ou tout du moins modérée. Parmi les fonds investis sur un large spectre de marchés émergents, MagellanFirst State Global Emerging MarketJPM Emerging Markets Equity ou Robeco Emerging Stars Equities constituent de bons choix d’investissements. Pour l’Asie-Pacifique, Fidelity South-East Asia et Investec GSF Asian Equity sont des fonds qui méritent à notre avis un coup d’œil. Pourtant même ces fonds requièrent de la patience et nous ne pouvons qu’encourager les investisseurs à adopter une vision de long terme, à investir régulièrement pour lisser leur prix moyen d’entrée, et à garder une part modeste de leur portefeuille sur ce type d’investissement.

Source : Monrning Star / Mathieu Caquineau

Par MARCO POLO
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Mardi 16 juin 2009

TRIBUNE

La Tribune.fr - 04/06/2009

Par Richard Titherington, directeur de la gestion "Actions émergentes" chez J.P.Morgan Asset Management.

Tout en restant très optimistes quant au potentiel à long terme du monde émergent, et convaincus que les actions émergentes pourront offrir des rendements intéressants aux investisseurs ainsi qu’une performance supérieure à celle des actions du G7, nous avons constamment insisté sur la volatilité inhérente à cette classe d’actifs. Cette volatilité est clairement manifeste actuellement, mais avant d’évoquer l’avenir, il est important de rappeler le cours des événements qui nous ont conduits jusqu’ici.

Depuis 1988 (une date choisie en fonction des données disponibles et non pas parce qu’elle permet commodément d’ignorer le krach de 1987), les marchés émergents ont offert un rendement en dollars d’environ 10% par an, contre 7% pour les actions américaines. Cette période a néanmoins vu les marchés émergents chuter de plus de 50% à trois reprises et de plus de 25% à neuf reprises, sans jamais produire de rendement annuel aux alentours des 10 %. Selon nous, ce modèle devrait perdurer sur les cinq à dix prochaines années, jusqu’à ce que les investissements institutionnels locaux (retraite et assurance) parviennent à supplanter les positions spéculatives des investisseurs individuels qui dominent actuellement les transactions dans nombre de grands pays émergents.

Si cette volatilité apparaît encore plus évidente aujourd’hui, il n’est pas inutile de présenter les périodes clés de l’année passée pour mieux comprendre les événements intervenus et leurs causes. Les actions émergentes ont atteint un plus haut à 1 345 en novembre 2007, puis ont connu une baisse de 20% typique des marchés émergents au cours des deux mois suivants, avant de se redresser fortement au début de l’année 2008 et jusqu’en mai.

Le marché est devenu baissier à l’été 2008, alors que l’aversion au risque augmentait et que les valorisations sont apparues excessives, avec un ratio cours/valeur comptable proche de 3. Les cours ont alors plongé de 30% et le recul s’est poursuivi jusqu’à la faillite de Lehman Brothers en septembre, qui a précipité la crise et le krach du quatrième trimestre 2008. En moins de deux mois, les actions émergentes ont subi une nouvelle chute de 48%.

De novembre 2007 à octobre 2008, les marchés émergents ont accusé un repli de 66% qui a ramené le ratio cours/valeur comptable de son niveau euphorique de 3 à un maigre 1 au plus bas. Durant cette période extrêmement pessimiste, les actions émergentes ont commencé à surperformer tout en affichant une très forte volatilité entre octobre et février. A l’opposé des marchés développés, les marchés émergents n’ont pas connu de nouveau creux et ont même surperformé de plus de 10% malgré une aversion au risque généralisée parmi les investisseurs internationaux.

De notre point de vue, cette période marque le début du processus de normalisation des marchés, dans la mesure où les investisseurs ont essayé d’assimiler le nouveau profil de croissance des économies et, de fait, les conséquences sur les bénéfices et le revenu des sociétés.

Depuis lors, la classe des actions émergentes a gagné 35% (au 30 avril 2009), ce qui atteste de deux choses : d’une part, les perspectives de bénéfice des entreprises sont meilleures et plus stables dans le monde émergent que dans les pays du G7, et d’autre part, les valorisations proches de la valeur comptable sont trop faibles pour une classe d’actifs présentant une rentabilité des capitaux durablement supérieure à 12% et un taux de croissance des bénéfices à long terme de 10%. Actuellement, le portefeuille du fonds JPMorgan Funds - Emerging Markets Equity Fund affiche une rentabilité financière de18% et un taux de croissance du bénéfice par action de 15%.

Après ce rappel, que pouvons nous dire de l’avenir ?

L’histoire nous enseigne deux choses : premièrement, que les actions émergentes offrent des bénéfices attrayants sur le long terme lorsqu’elle sont acquises à un ratio cours/valeur comptable inférieur à 1,5, et ensuite, que la volatilité est endémique, ce qui rend probable un recul de 20% au cours des deux prochains trimestres. Nous avons toujours encouragé les investisseurs à opter pour une surpondération structurelle des actions émergentes car, selon nous, elles vont à la fois surperformer les actions des marchés développés et voir leur pondération dans les indices actions mondiaux augmenter au cours des cinq à dix prochaines années. Rien de ce qui s’est passé dans les douze derniers mois ne change ce point de vue, mais les investisseurs doivent conserver la capacité de renforcer leurs positions après les inévitables vagues de repli de 20% plutôt que d’être contraints de vendre pendant les périodes de forte volatilité.

Au niveau des pays, nous continuons de penser que le taux de croissance des économies de taille continentale est davantage autosuffisant, et par conséquent moins dépendant de l’économie mondiale, que dans les pays plus modestes de cette classe d’actifs. Ces économies vont donc continuer à gagner en importance, à la fois relative et absolue, auprès des investisseurs internationaux. Parmi les pays Bric (Brésil, Russie, Inde et Chine), nous estimons que l’amélioration structurelle se poursuivra pour le Brésil alors qu’il évolue d’une économie à forte inflation vers un système à faible inflation et qu’il reste sous investi par la plupart de nos clients.

La Russie restera le marché au bêta le plus élevé du Bric en raison de son exposition aux matières premières, mais il ne faut pas oublier que, ces quinze dernières années, la Russie a assuré aux investisseurs un rendement annualisé de 12% (en dollars), malgré une chute de plus de 80% à deux reprises au cours de cette période. L’Inde et la Chine profitent d’une longue croissance qui perdurera pendant des décennies et, si la Chine offre actuellement un meilleur profil valorisation/croissance, les deux pays devraient selon nous faire partie des cœur de portefeuille à long terme.

Les thèmes clés : consommation domestique et infrastructures

Au niveau des titres, la question essentielle pour 2009 et début 2010 sera d’identifier les sociétés ayant un profil de bénéfice durable dans un environnement de croissance mondiale ralentie et de liquidité moins abondante, tout en évitant les entreprises dont le profil de croissance dépend d’une poursuite des conditions de l’expansion de 2005-2007 (la hausse de la valeur des actifs, l’abondance du crédit et l’augmentation de la liquidité). Nos investissements iront de préférence vers les entreprises orientées sur la consommation intérieure et l’investissement d’infrastructures au sein des pays Bric, ainsi que celles capables de générer un cash-flow interne pour financer leur croissance.

Nous ne pensons pas que la valorisation des actions émergentes continuera de s’améliorer au rythme des deux derniers mois et préférerions que le ratio cours/valeur comptable se maintienne aux alentours de 1,5. C’est pourquoi, nos prévisions de rendements sont plus modestes pour le reste de l’année. Cependant, nous ne suivons pas le consensus écrasant en faveur d’un rallye de marché baissier, avec un renouvellement probable des creux connus en octobre 2008. Nous pensons que la tendance des deux prochaines années sera à la hausse, avec d’importantes corrections de 20%, et estimons que les actions émergentes continueront de surperformer les actions mondiales et la dette des marchés émergents.

Richard Titherington



Par MARCO POLO
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Mardi 16 juin 2009

POINT DE VUE

La Tribune.fr - 02/06/2009

Par Francois PITTI

Après deux décennies de croissance effrénée, la Chine et l'Inde modernes, dynamiques quinquagénaires à la tête de l'usine et du bureau du monde, apparaissent désormais au grand jour. Elles entament une nouvelle ère. Celle d'une stratégie de marque. Ce processus de basculement est fulgurant : du coût vers la valeur, de la retenue vers l'affirmation, de l'invisible vers le visible, estime François Pitti, vice-président des alliances stratégiques d'un groupe du CAC 40 et conseiller du commerce extérieur (*).

En 2005, l'Inde avait lancé sa campagne "Brand India" (marque Inde). Peu après, la Chine lui emboîtait le pas, en donnant la priorité au développement mondial de ses organes d'information : l'agence de presse Xinhua, la chaîne CCTV (qui se veut un CNN chinois). En février, le secrétaire général du programme "Brand China", Wang Yong, annonçait que 2009 marquerait le décollage international de la marque Chine.

Le développement de la marque couvre tous les domaines. L'économie, qui voit des acteurs comme Lenovo, Haier ou Kingfisher, peu connus hier, renforcer chaque jour leur notoriété internationale. La politique ensuite, dans les deux dimensions clés diplomatique et militaire. Les tournées récentes de Hu Jintao et de Manmohan Singh sur tous les continents augurent d'un activisme inédit. Elles projettent l'image de deux grandes puissances et développent des alliances transcontinentales. Sur le plan militaire, l'accent est mis sur trois domaines correspondant au double critère d'une affirmation accrue et d'une image rénovée : le nucléaire, les sous-marins et les porte-aéronefs. Pékin a confirmé en décembre 2008 son intérêt pour la construction d'un porte-avions ; Delhi a débuté son programme en 2003.

La stratégie de marque de l'Inde et la Chine est un moteur à deux temps, mû par les "pistons" privés et étatiques qui s'entraînent mutuellement. L'effet de renforcement des marques des sociétés et du pays est en effet réciproque. Elle est accentuée par la priorité donnée aux symboles. Ainsi de l'espace, réservé aux plus grands : quatre semaines après la première sortie extra-véhiculaire d'un astronaute chinois en 2008, Delhi lançait Chandrayaan-1, projet ambitieux d'exploration lunaire. Enfin, la marque est renforcée par le rayonnement culturel. Après avoir importé Hollywood, l'Inde exporte maintenant Bollywood tandis que le réalisateur chinois Zhang Yimou a exalté la civilisation millénaire de l'empire du Milieu lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin. Si, historiquement, les stratégies de marque ont été l'apanage des entreprises, elles deviennent maintenant essentielles pour certains pays et territoires.

La stratégie de marque a un rôle politique essentiel. Elle permet à un pays d'affirmer son identité et d'augmenter son prestige en accédant aux symboles de la valeur et de la puissance. Dans un monde multipolaire, le "hard power" - agissant par contrainte - se fait rare. Les résolutions non contraignantes du dernier G20 le démontrent. Dans une dynamique internationale graduellement "soft", il sera préférable d'être perçu comme puissance que comme un pays parmi d'autres.

La marque contribue à une telle perception. Elle a par ailleurs une double vocation économique. Celle de dominer, par captation et exportation, les flux mondialisés transitant par ses territoires (capitaux, biens et services, information), et de décupler leur valeur perçue (objective et subjective). La notoriété - renforcée par la marque - attire les flux (attractivité) et valorise les biens et services sortants (compétitivité).

Si l'émergence des deux géants asiatiques va renforcer la concurrence dans nombre de secteurs dans l'Hexagone comme dans le monde, mécaniquement, ces deux mégamarchés génèrent des opportunités. La France, elle, est tiraillée car ses quatre directions stratégiques pointent vers différents continents : son espace géopolitique est européen, son plus grand allié militaire est en Amérique, une partie de sa croissance potentielle se trouve en Asie, et elle entretient de fortes relations affectives et historiques avec l'Afrique.

Sa part de marché des importations est de 1,4% en Chine (contre 5,4% en 1976) et de 1,8% en Inde. Ces chiffres sont plus de deux fois inférieurs à la part de l'Hexagone dans les échanges mondiaux (environ 4%). Ils reflètent la faiblesse des exportations vers l'Inde et la Chine et le potentiel d'une stratégie volontariste de conquête de leurs marchés. Celle-ci supposerait de créer une cellule d'intelligence économique tournée vers les marchés émergents : la multiplication des salons en Inde et en Chine, conjuguée à des rencontres bilatérales ambitieuses du type "UK-India roundtable", et, enfin, un renforcement des politiques de coopération.

Par l'irruption soudaine de leur marque sur la scène internationale l'Inde et la Chine polarisent en Occident l'attention et les réactions. Défis pour certains, elles représentent pour d'autres de rares oasis de croissance, doublées de "locomotives" dans un monde en dépression. Le siècle des Lumières était celui de la raison. Le XXème siècle celui des idéologies. Celui qui débute pourrait être celui des émotions. En ce cas, l'Inde, la Chine auront d'emblée une place de choix.

(*) L'auteur s'exprime à titre personnel. Il a publié "Chine et Inde : vers une stratégie", avec le "think tank" En Temps Réel (cahier n° 38)

François Pitti

Par MARCO POLO
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Mercredi 27 mai 2009

La chute de la Bourse réduit le pouvoir d'achat des petits épargnants.

La glissade avait commencé avant la crise, mais cette dernière n'a rien arrangé. La déprime du marché immobilier chinois se confirme de mois en mois. En 2008, les ventes auraient chuté de près de 21%. Dans certaines grandes villes, elles ont même plongé de plus de 60%. Du coup, Pékin sort les mesures de relance en rafale. Le Conseil d'État (le cabinet chinois) vient encore d'annoncer un nouveau paquet de décisions, comme la réduction des taxes sur les transactions et la levée des restrictions d'accès au crédit pour l'achat d'un deuxième logement, mises en place auparavant pour lutter contre la spéculation.

«Quand les prix se seront stabilisés à la baisse, j'aimerais bien acheter», confie Li Huang, employé d'une entreprise étrangère. «Le problème, c'est que la chute de la Bourse a fait fondre mon patrimoine…» Le décrochage vertigineux de la Bourse de Shanghaï (- 65%) obère aujourd'hui le pouvoir d'achat d'un nombre important de petits épargnants. Selon la Standard Chartered Bank, l'atonie du marché devrait se poursuivre en 2009, avec une baisse moyenne des prix de 20%.

En attendant, l'État a décidé de lancer un programme de construction de logements sociaux, avec pour objectif d'offrir 7,5 millions de logements neufs aux urbains défavorisés et 2,4 millions dans les campagnes. Le Conseil d'État a demandé aux banques de faciliter les crédits pour les constructeurs de ces programmes.

 

Sociétés de placement

Pékin réfléchit en parallèle à la création de sociétés de placements immobiliers, sur le modèle américain, pour permettre aux promoteurs d'avoir accès à des sources de financement autres que bancaires.

La chute de l'immobilier, l'un des plus solides piliers de la croissance chinoise durant la dernière décennie, a des répercussions dans bien d'autres secteurs. Celui de l'acier, notamment. Le ciel s'est singulièrement assombri sur une industrie qui s'était développée de manière vertigineuse ces dernières années, au point de se hisser au premier rang mondial. «Le choc est violent», reconnaît Xu Xiangchun, porte-parole de Gaglian Maidi, une association professionnelle de l'acier, «côté bénéfices, la chute est spectaculaire. Les résultats avaient baissé de 12,4 milliards de yuans en juin à 3,2 milliards en septembre, et nous sommes pour la première fois dans le rouge en octobre».

Autre problème, le marasme de l'immobilier touche directement les revenus des provinces. En effet, ce sont elles qui, avec les entreprises d'État et le secteur privé, vont devoir fournir la majeure partie des 4 000 milliards du plan de relance du gouvernement qui, pour sa part, ne compte aligner que 1 200 milliards de yuans.

Source : Le Figaro

Par MARCO POLO
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Dimanche 15 mars 2009

Mais, dans l'intervalle, les résultats du premier semestre seront probablement catastrophiques, estime la société de gestion.

"On n'est probablement pas très loin d'un rebond", a lancé hier Jean-François Canton, président de Comgest. De son point de vue, deux éléments pourraient contribuer à un retour de la confiance : une large nationalisation des banques et des assurances ou une reprise économique incontestable. 

La vigueur du rebond, qui pourrait intervenir à peu près en même temps des deux côtés de l'Atlantique, serait possible en raison de l'abondance des liquidités disponibles.

Dans l'océan de pessimisme qui continue de dominer les marchés, Comgest relève au moins deux points positifs. 

Premier point, les stocks des entreprises se sont sensiblement réduits au quatrième trimestre, par exemple dans l'électronique, ce qui laisse présager une embellie dans les prochains mois. 

Deuxième point, l'économie chinoise est en train de se stabiliser et devrait repartir à la hausse avant l'économie américaine. Car en Chine, le frein politique n'est pas aussi fort qu'aux Etats-Unis et les banques suivent les injections du ministère des finances avec beaucoup plus de discipline qu'outre-Atlantique, où l'industrie bancaire n'est de toute façon pas en état de mettre en œuvre rapidement les mesures de relance. 

Reste cependant que la capacité de traction de la Chine et de l'Inde est dix fois moins importante que celle des Etats-Unis, où le plan de relance, combiné au reflux des prix du pétrole, devrait contribuer dans quelques mois au redémarrage de l'économie US.

C'est dire que si l'on entrevoit la sortie de crise vers la fin 2009, elle ne sera pas non plus spectaculaire. Et dans l'intervalle, les résultats du premier semestre seront probablement catastrophiques.

Par MARCO POLO
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Vendredi 30 janvier 2009

Responsable de la gestion actions chez Itaú Asset Management, Roberto Nemr gère cinq fonds d'actions Amérique latine, dont, depuis décembre, le compartiment Latin American Equity de la Sicav luxembourgeoise Nordea 1.

"Les ratios cours-bénéfices peuvent encore baisser mais les marchés latino-américains que nous suivons, surtout le brésilien, ont le potentiel pour rebondir le plus vite et le plus fort quand la situation mondiale se sera stabilisée", estime Roberto Nemr. 


Et de rappeler que si la Bourse brésilienne a fortement chuté, c'est à la fois parce qu'elle avait fait d'excellentes performances avant la crise et parce qu'elle est la plus liquide. 


Le gérant du Nordea Latam Equity, qui surpondère le Brésil et le Chili et sous-pondère le Mexique parce que ce dernier va souffrir davantage du ralentissement aux Etats-Unis que les deux autres pays. 


Disposant d'une équipe de douze analystes "buy-side", Itaú AM, a sélectionné  des valeurs comme Petrobras et CRVD, lesquelles pèsent respectivement 9,18 % et 8,05 % du portefeuille. 


Le gérant surpondérere les valeurs de consommation, les sociétés de distribution (Wal-Mart Mexique, 2,67 %), les télécoms (America Móvil, 8,80 %) et les banques, dont les bilans sont "propres" (Itaú avec 8,05 %, Bradesco, 4,65 %, Unibanco, 3,57 %), parce que la consommation des ménages a désormais inexorablement décollé. 


Le fonds comprend entre 40 et 60 lignes sur un univers de 221 actions, et l'objectif de Roberto Nemr est de générer une performance de 300 points de base supérieure à celle de l'indice (MSCI EM Latin America 10/40 NR), avec un écart de suivi de 6 %.

Par MARCO POLO
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Vendredi 30 janvier 2009


La bagarre de sumo qui oppose les multinationales des pays émergents à celles des pays développés connaît de nouveaux développements depuis l'émergence de la crise. La conjoncture modifie les rapports de forces. Les firmes occidentales résistent mieux aux turbulences boursières, comme l'indique l'édition 2009 du rapport du Boston Consulting Group (BCG) sur "les nouveaux challengers mondiaux", présenté au Forum de Davos, mercredi 28 janvier. Moins endettées que leurs concurrents des pays en développement, elles disposent de ressources financières leur permettant d'envisager des acquisitions.

Cette étude, publiée pour la troisième année consécutive, recense les 100 entreprises des pays émergents ayant le plus fort potentiel de croissance. Cette sélection a été réalisée à partir des listes des plus grandes entreprises de chacun des pays considérés (Asie, Amérique latine, Europe centrale et orientale, Moyen-Orient). Des critères de taille, mais aussi de couverture géographique, ont départagé les 100 finalistes parmi les 3 000 sociétés repérées dans les classements.

Globalement, la valeur boursière de ces entreprises a davantage chuté, en un an, que celle des multinationales des pays développés. Certes, ce calcul ne prend en compte que les challengers cotés en Bourse, soit 78 entreprises. Mais une autre étude, menée par PFC Energy, et citée par le Financial Time du 26 janvier, montre que la valorisation des sociétés pétrolières nationales de pays émergents, tel PetroChina et Sinopec (Chine), Petrobras (Brésil) ou Gazprom (Russie), ont plus baissé que celle de leurs concurrents américains ou européens.

Pourtant, les multinationales des pays émergents continuent d'avoir des taux de croissance et des rentabilités (résultat d'exploitation ramené au chiffre d'affaires) supérieurs à ceux des pays développés, relève l'étude du BCG. Les "challengers" voient leur chiffre d'affaires augmenter de 29 % en moyenne par an entre 2005 et 2007, contre 5 % pour les firmes de l'indice Standard & Poors 500, qui porte sur cinq cents des plus grandes entreprises américaines. L'écart resterait important en 2008, estime le BCG.

Ce n'est donc pas la performance de ces groupes qui justifie leur dépréciation, explique David Michael, directeur associé senior au BCG à Pékin et coauteur du rapport. Il avance trois raisons : "Les marchés boursiers des pays émergents ont plus baissé que ceux des pays développés, car les investisseurs occidentaux, effrayés, ont préféré s'en retirer." D'autre part, "le marché anticipe un ralentissement de la croissance des challengers". Enfin, il estime que "la valorisation des challengers était peut-être trop élevée avant la crise".

Conséquence : si la précédente étude révélait que les challengers procédaient à des acquisitions de plus en plus coûteuses dans les pays occidentaux, l'édition 2009 montre que le courant inverse pourrait se produire. Les multinationales occidentales, qui ont pu accumuler suffisamment de trésorerie pendant la période faste d'avant la crise, vont pouvoir acquérir ces firmes dont les cours ont plongé.

Certes, la situation diffère selon les pays et les secteurs. Les entreprises de pays émergents qui ont crû par acquisitions et se sont lourdement endettées dans ce but deviennent plus vulnérables que celles qui se sont développées par croissance interne, profitant de l'essor de leur marché domestique. Tel est le cas des entreprises de télécommunications chinoises Huawei ou ZTE, qui ont obtenu de gros contrats pour équiper le pays en technologie 3G, la troisième génération de téléphonie mobile, explique M. Michael.

Cependant, il ne faudrait surtout pas sous-estimer la menace que ces groupes font peser sur les firmes bien établies des pays développés, précise le rapport. Parce que ces challengers, "habités par l'esprit d'entreprise de leur fondateur, comme Tata en Inde ou Koç en Turquie, qui n'ont pas hésité à se développer à l'étranger, ont souvent davantage le goût du risque que leurs concurrents occidentaux", note le rapport.

Ces firmes, quand elles ont un actionnariat familial ou étatique, mènent des stratégies de long terme leur permettant d'investir massivement sans attendre de retour immédiat. Une stratégie différente de la plupart de leurs concurrents des pays développés, davantage soumis aux exigences d'actionnaires souhaitant un retour rapide de leurs placements.

Pour la première fois en 2008, un des challengers des précédents classements du BCG, la société pharmaceutique indienne Ranbaxy, a cédé la majorité de son capital à une multinationale établie, le japonais Daiichi Sankyo.

Ce type de transaction, qui permet d'allier "l'agilité, la production à bas coût de l'un, à la notoriété de la marque et la recherche-développement de l'autre", pourrait se multiplier dans les années qui viennent, estime le BCG. Dans l'intérêt des combattants d'hier.

Annie Kahn
Source : Le Monde
Par MARCO POLO
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Jeudi 22 janvier 2009

La Chine a clos 2008 sur une hausse de 9,0% du PIB, après +13% en 2007. L'année qui vient de commencer devrait être "la plus difficile" depuis le début de la décennie, a estimé le Premier ministre. 

L'économie chinoise est repassée sous la barre des 10% en 2008, pour la première fois en six ans, après avoir brutalement freiné au quatrième trimestre, à son tour victime de la crise financière mondiale. Après cinq années consécutives de progression à deux chiffres, jusqu'à 13% en 2007, le produit intérieur brut de la troisième économie de la planète a crû, l'an dernier, de 9,0%, selon les données publiées jeudi par le Bureau National des Statistiques. La dernière croissance à un seul chiffre avait été enregistrée en 2002 (9,1%).

La croissance 2008 reste certes enviable pour les économies en récession mais elle masque le ralentissement soudain de l'économie dans les derniers mois : après 9,0% au quatrième trimestre, la croissance a chuté à 6,8% au quatrième, son taux trimestriel le plus bas depuis la fin 2001 (+6,6%), selon des économistes.

"On parle bien d'un atterrissage difficile", a commenté Hu Yuexiao, économiste de Shanghai Securities. "Avec la consommation et les exportations qui devraient encore décliner en 2009" et l'inflation tombée à 1,2% en décembre, alors qu'elle frôlait les 9% en début d'année, "une déflation est très probable en 2009", poursuit M. Hu. "La déflation n'est pas inhabituelle dans les cycles économiques, mais elle arrive si vite cette fois qu'elle aura davantage d'impact sur l'économie", ajoute-t-il.

Impact négatif de la crise mondiale

Pour le gouvernement, le coupable est clairement la situation économique mondiale. "La crise financière internationale s'aggrave et se répand avec un impact négatif continu sur l'économie nationale", a commenté jeudi Ma Jiantang, chef du NBS.

Un des premiers effets de la crise est de réduire la demande des pays occidentaux pour les produits "made in China", alors que l'économie du géant asiatique est très dépendante de ses exportations. De fait, au cours des deux derniers mois de 2008, les exportations de la Chine, bouillonnantes depuis des années, ont accusé une baisse, de 2,2% puis 2,8% sur un an.

Conséquence de ce ralentissement de l'activité, la production industrielle a également marqué le pas, augmentant de seulement 12,9% sur un an, contre 18,5% en 2007. Et encore grâce à ses fortes progressions de début d'année, car elle s'est effondrée dans les dernières semaines, pour tomber à 4,1% en décembre.

Après des années de surproduction qui inquiétaient les autorités, la Chine semble désormais vivre sur ses stocks, au détriment de la production et donc de l'emploi, alors que déjà les annonces de fermetures d'entreprises, principalement celles tournées vers l'export, se sont succédé ces derniers mois. Selon le gouvernement, plus d'un demi-million de citadins ont perdu leur emploi dans les trois derniers mois de l'année, statistiques qui ne tiennent pas compte de tout une partie de la population. Or le déstockage pourrait perdurer et "la production rester atone" pendant tout le premier semestre 2009, selon Jing Ulrich de JP Morgan.

Vives craintes pour 2009

Dans ce contexte, le Premier ministre Wen Jiabao a estimé lundi que 2009 devrait être "l'année la plus difficile" pour l'économie chinoise depuis le début de la décennie, appelant à de nouvelles mesures. Car depuis novembre, le gouvernement s'efforce d'inverser la tendance au ralentissement, notamment par un grand plan d'investissements et mesures fiscales prévus pour 2009 et 2010.

Lui-même doit apporter directement 1.800 des 4.000 milliards de yuans (455 mds euros) nécessaires à ce plan, le reste étant financé par les autorités locales et le monde de l'entreprise. Certains économistes estiment que ces initiatives portent d'ores et déjà leurs fruits : "les statistiques économiques auraient été encore plus mauvaises sans le plan de 4.000 milliards", a déclaré Hu Yuexiao.

En 2008, les investissements en capital fixe en tous cas n'ont pas faibli ( 25,5%, après 24,8% en 2007). Leur vigueur, liée aux dépenses dans le secteur industriel ou les infrastructures notamment, pourrait refléter les efforts de Pékin pour aiguillonner l'activité économique.

Source : AFP

Par MARCO POLO
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Lundi 19 janvier 2009

La glissade avait commencé avant la crise, mais cette dernière n'a rien arrangé. La déprime du marché immobilier chinois se confirme de mois en mois. En 2008, les ventes auraient chuté de près de 21%. Dans certaines grandes villes, elles ont même plongé de plus de 60%. Du coup, Pékin sort les mesures de relance en rafale. Le Conseil d'État (le cabinet chinois) vient encore d'annoncer un nouveau paquet de décisions, comme la réduction des taxes sur les transactions et la levée des restrictions d'accès au crédit pour l'achat d'un deuxième logement, mises en place auparavant pour lutter contre la spéculation.

«Quand les prix se seront stabilisés à la baisse, j'aimerais bien acheter», confie Li Huang, employé d'une entreprise étrangère. «Le problème, c'est que la chute de la Bourse a fait fondre mon patrimoine…» Le décrochage vertigineux de la Bourse de Shanghaï (- 65%) obère aujourd'hui le pouvoir d'achat d'un nombre important de petits épargnants. Selon la Standard Chartered Bank, l'atonie du marché devrait se poursuivre en 2009, avec une baisse moyenne des prix de 20%.

En attendant, l'État a décidé de lancer un programme de construction de logements sociaux, avec pour objectif d'offrir 7,5 millions de logements neufs aux urbains défavorisés et 2,4 millions dans les campagnes. Le Conseil d'État a demandé aux banques de faciliter les crédits pour les constructeurs de ces programmes.

 

Sociétés de placement

Pékin réfléchit en parallèle à la création de sociétés de placements immobiliers, sur le modèle américain, pour permettre aux promoteurs d'avoir accès à des sources de financement autres que bancaires.

La chute de l'immobilier, l'un des plus solides piliers de la croissance chinoise durant la dernière décennie, a des répercussions dans bien d'autres secteurs. Celui de l'acier, notamment. Le ciel s'est singulièrement assombri sur une industrie qui s'était développée de manière vertigineuse ces dernières années, au point de se hisser au premier rang mondial. «Le choc est violent», reconnaît Xu Xiangchun, porte-parole de Gaglian Maidi, une association professionnelle de l'acier, «côté bénéfices, la chute est spectaculaire. Les résultats avaient baissé de 12,4 milliards de yuans en juin à 3,2 milliards en septembre, et nous sommes pour la première fois dans le rouge en octobre».

Autre problème, le marasme de l'immobilier touche directement les revenus des provinces. En effet, ce sont elles qui, avec les entreprises d'État et le secteur privé, vont devoir fournir la majeure partie des 4 000 milliards du plan de relance du gouvernement qui, pour sa part, ne compte aligner que 1 200 milliards de yuans.

Par MARCO POLO
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Jeudi 15 janvier 2009

Pékin a révisé hier à la hausse le chiffre de sa croissance 2007. Suivant ces nouveaux calculs, le PIB chinois est désormais bien supérieur à celui de l'Allemagne. La performance console à peine les autorités, qui redoutent un brutal ralentissement de l'activité en 2009.

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DE NOTRE CORRESPONDANT À PÉKIN.

Inquiètes du brutal ralentissement de leur économie, les autorités chinoises ont pu se consoler brièvement hier en apprenant que leur pays s'était imposé dès 2007 comme la troisième puissance économique mondiale, derrière les Etats-Unis et le Japon, mais juste devant l'Allemagne.

Selon la dernière révision des statistiques macroéconomiques du pays, dévoilée hier dans la matinée, la Chine a vu son produit intérieur brut (PIB) croître de 13 % sur 2007, et non de 11,9 % comme cela avait été annoncé précédemment, pour atteindre la somme de 25.731 milliards de yuans, ou 3.500 milliards de dollars (au taux de change de 2007). Sur la même période, l'Allemagne avait généré un PIB de 3.320 milliards de dollars.« Maintenant, l'économie chinoise pourrait même être 15 % supérieure à celle de l'Allemagne », a confirmé hier Louis Kuijs, l'économiste en chef de la Banque mondiale à Pékin.

Après avoir révisé ses calculs, Ting Lu, un analyste de Merrill Lynch, estimait hier que la taille de l'économie chinoise pourrait dépasser celle du Japon « dans seulement trois ou quatre ans ». En 2007, le PIB nippon était mesuré à 4.400 milliards de dollars, quand celui des Etats-Unis s'imposait, lui, avec 13.800 milliards de dollars.

Si cette révision du PIB va certainement flatter le patriotisme chinois, elle n'a fait l'objet d'aucun commentaire victorieux de la part des autorités, qui ont perçu l'ambiguïté de la performance. « Le principal effet de ce changement d'estimation pourrait être négatif. Une année 2007 plus forte va rendre le ralentissement de 2008 plus contrariant encore », note Sherman Chan, une experte de Moody'sEconomy.com. La surchauffe confirmée de 2007 aurait notamment entraîné une hausse des stocks dans les entreprises qui auraient, dès lors, décidé de calmer leur production industrielle en fin d'année dernière. Un mouvement qui expliquerait, en partie, la perte de dynamisme de l'activité de ces derniers mois.

Le niveau de vie très faible

Au troisième trimestre de 2008, le PIB chinois avait connu sa plus mauvaise performance des cinq dernières années (9 %) et pourrait avoir enregistré un ralentissement plus sévère encore au quatrième trimestre. Anticipant la publication des statistiques officielles la semaine prochaine, les experts évoquent une croissance limitée à 7 % en glissement annuel sur la période octobre-décembre. Sur l'ensemble de l'année, le PIB n'aurait dès lors augmenté que de 9 %. « Pour 2009, un nouveau ralentissement est anticipé du fait de l'état morose de l'économie globale », assure Sherman Chan. Les économistes les plus pessimistes parient sur une croissance chinoise bloquée à 6 % ou 7 % l'an prochain.

Les autorités communistes, qui n'ont pas connu de si sévère ralentissement depuis les années 1990, multiplient les mesures de relance et promettent de concentrer leur soutien sur les populations les moins aisées, qui vivent à l'écart de la formidable progression du PIB national. Le niveau de vie moyen en Chine est en effet demeuré très faible, à peine meilleur que celui des habitants du Maroc ou du Tonga. Des dizaines de millions de ruraux continuent de vivre avec moins de 1 dollar par jour. Selon les calculs de la Banque mondiale (basés sur la méthode de l'Atlas), les revenus moyens d'un Chinois étaient mesurés à 2.360 dollars en 2007 quand un Français pouvait, lui, prétendre, en moyenne, à des revenus de 38.500 dollars.

Source : Les Echos
Par MARCO POLO
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